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"Confier", un poème de Kary Nohemy Rodríguez

Kary Nohemy Rodríguez, présidente de l'Association salvadorienne des professeurs de français et professeur à l’Universidad de El Salvador, a écrit ce poème dans le cadre de l'édition 2012 du concours “Dix-moi dix mots qui te racontent”.


CONFIER


Mon âme, mon espoir, mes rêves, tous confiés à ta garde.
Ton âme, ton espoir, tes rêves, tu me les as tous confiés.
La tutelle de mon âme, de mon espoir, de mes rêves, tu l’avais,
La tutelle de ton âme, de ton espoir, de tes rêves tu me l’as offerte.
J’ai pris la tâche de réaliser tes rêves, je m’en suis fidèlement occupée.
Je me suis confiée à la providence, au temps, aux autres, aux Grands.
A ces Grands que je croyais aussi des gardiens de ton âme, de ton espoir, de tes rêves.
Je leur ai fait part de mes sentiments et espoirs ignorant que nous serions trompées :
Je leur ai confié à l’oreille : Venez avec moi, fortifions la promotion de ce rêve !
Déclarons en chœur notre amour pour ce rêve !
Tendez-moi vos mains volontairement pour me montrer, pour me guider, pour m’accompagner !
Mais, hélas ils étaient tous complices de leurs propres âmes, rêves et espoirs :
l’ambition, le pouvoir, leurs intérêts personnels.
Eh oui ! Nous avons tous des âmes, des rêves et des espoirs à nous !
Mais ces Grands se servent des nôtres pour obtenir les leurs !
Mon âme, mon espoir, mes rêves, tous confiés à leur garde.
La tutelle de son âme, de son espoir, de ses rêves, ils l’avaient !
Leur âme, leur espoir, leurs rêves, ils me les ont tous cachés, dissimulés, déguisés !
Ils ont pris la tâche de réaliser leurs rêves, ils s’en sont fidèlement occupés.
Ils se sont confiés à leur pouvoir, à la naïveté des autres, des petits.
De ces petits qu’ils croyaient des ignorants, des fatalistes !
Toutefois je ne le suis plus et c’est grâce à toi ma chère francophonie
car tu ne m’as pas seulement offert la tutelle de ton âme, de ton espoir, de tes rêves,
mais aussi des portes aux connaissances, aux valeurs humaines.
Alors, je tolère, avec chagrin, leur ambition, leur pouvoir, leurs intérêts personnels.
Et je confie à l’oreille à tous ceux qui ne font pas partie de ces Grands:
Venez avec moi, fortifions la promotion de la francophonie !
Tendez-moi vos mains volontairement pour me montrer, pour me guider, pour m’accompagner !
Et déclarons-lui en chœur notre amour !

 


Kary Nohemy Rodríguez
San Salvador, 20 avril 2012